Demain, Je sais D. Tes petits gestes, comme de petites attentions. La clé qui reste dans l'ouverture de la porte. Je sais les secrets que tu expires en rires d'enfant. Je sais ta fragilité. C'est mon drame contre ton initiale. Je sais ta vie, contre la mienne. Perturbée, mélangée. Ma provocation. Provoquer la colère, le déplaire, et j'ai la figure pleine de suie de l'enfant qui a joué parmi ses rêves, qui a trainé une bête mythique de pardelà le rêve. Celle qui rougit. Qui assassine. Tu m'attendris tant, que je ne peux pas cesser d'écrire sur toi, sur ton prénom qui dans mes cahiers déplient le reste de ses ailes. D. C'est un profil. Je sais ta légèreté, quand tu danses avec les doigts dans la musique, ta jeunesse hagarde, égarée dans les ruelles, dans les taxis, tu as sur les côtes un gyrophare de voyage. Ecrire, pendu, mais t'écrire tout de même. J'admire la forme de ton regard, j'admire quand tu dessins les manies la position que prend ton corps. Même usé, même dégouté, même mort la forme de mes lèvres murmurera ton prénom, ton renom, ma toute puissance. Je t'aime. Le mot de sang qui continue à sillonner les tempes. Toujours. Encore. Comme les vies qui défilent, sous l'ombre de midi. C'est la voix de ton départ, quand tu diras tu aurais du, et moi qui répondrais, je n'avais pas la force, mes cordes vocales ne sont pas assez musclées pour trainer toute la grandeur du mot. Je suis ébloui par toi, tes yeux m'intimident. C'est la voix de la nuit, des vies qui s'en vont, et de toi restera le regret incendiant mon ravage. Tu seras mon rire, mes dents, mon ivoire précieux, je jouerai sur le piano de mon frère la note race des paniques. J'ai bu l'obsession dans tes yeux. Tu ne m'as jamais dit comme tu trouvais ce que j'écrivais, mes mots guindés, leurs cheveux d'accordéon. Tu ne m'as jamais dit. Je me lève péniblement quand je sais que tu n'es pas là. Je fais des crises agréables. Au bout d'un instant, j'ai des morceaux de toi qui me reviennent, qui te forment, qui t'assemblent, et tu es là toute entière, interdite, tu ne me vois pas, et le film de tes manières avance, avance, jusque dans le soir et les gobelets d'alcool, les urnes de la joie. Tu as une vigueur de prière. Mes gestes supplient les tiens, on dirait des gestes de croyants. J'abandonne facilement mes rêves, qui coulent comme une eau froide de douche sur ma nuque. Et je comprends, tout ce qui se passe dans ta nuit silencieuse, quand tu te lèves entre trois et cinq heures avant de te recoucher, quand tu tournes le mitigeur pour que l'eau soit chaude sur les vallons délicats de ta peau. Je sais l'eau qui rumine dans ton visage, l'eau timide qui évite ton regard, honteuse de n'être que du blême des remèdes. Tu as la rage dans les joues des rois élégants, et ma violence est trop lourde pour mon ventre. Quand ta douche a fini de couler, sur la céramique blanche, qui tressaille par endroits, se dressent des labradors transparents et des colliers de chmies. Tu les laisses dans ce panier de songes, et tu sèches tes cheveux longs qui roucoulent comme le jour. C'est beau un matin qui passe dans tes cheveux compliqués, c'est plus beau que la nuit qui se dépose sous mes yeux dans son baiser arrogant, mauve. Quand tu sors, et que nos vies s'évitent, j'ai toute la colère qui grimpe sur moi d'avoir les muscles ficelles, et m'étouffent le fond de la gorge. Mes cordes vocales sont étranglées par un poing serré. Un poing de révolte. Un poing d'angoisse. Un poing d'enfant. Je n'aime le théâtre que dans les salles qui s'y réservent, quand je sais en avance la pièce que je vais voir et pas l'ordinaire parodie qui se jouent dans les rues, et que les gens ordinaires jouent quelconquement. Il en est certain qui la jouent depuis si longtemps qu'ils croient que c'est la vie, sur leurs bureaux en formica, sur leurs écrans d'ordinateur où passent des courbes moins élégantes que celles que la mer fainéante te porte et te brode, petite D., ô charme indigène et tes yeux bleus d'inondation. J'ai dit adieu à Camille, Marie, Lucie, Hervelyne, Loriane, pour ne pas blasphémer ce mot que j'éduque pour toi, que je dresse et qui viendra racé lévrier déposer sa salive amoureuse à tes souliers inquiets. Je ne veux pas être le monstre ordinaire, celui qui change de forme pour figurer dans la nuit.
Parfois, quand je sais que tu me lis, D., par dessus mon épaule, je me sens suffoquer agréablement, la caresse érotique de l'amante furieuse. J'attends, ton silence, pour me mettre du bonheur. Ta lecture est vive, et je vis comme j'écris, beaucoup et violemment. Je finis chaque ligne avec le sentiment exalté qu'il en reste dix millions à vivre, dix millions d'odeurs à trouver dans ce que la pudeur me permet de saisir dans ton cou. D. D. D. et ton prénom se répète, et tourne, tourne sur le phonographe de mon fantasme. S'il fait trop de jour pour ton sommeil, prends à mon baiser, la paupière manquante, je t'offre des lèvres qui de t'avoir tant récitées peuvent devenir toutes les fonctions à tes douleurs, tous les baumes et les pardons à tes parjures.
Demain, Je sais D. Tes petits gestes, comme de petites attentions. La clé qui reste dans l'ouverture de la porte. Je sais les secrets que tu expires en rires d'enfant. Je sais ta fragilité. C'est mon drame contre ton initiale. Je sais ta vie, contre la mienne. Perturbée, mélangée. Ma provocation. Provoquer la colère, le déplaire, et j'ai la figure pleine de suie de l'enfant qui a joué parmi ses rêves, qui a trainé une bête mythique de pardelà le rêve. Celle qui rougit. Qui assassine. Tu m'attendris tant, que je ne peux pas cesser d'écrire sur toi, sur ton prénom qui dans mes cahiers déplient le reste de ses ailes. D. C'est un profil. Je sais ta légèreté, quand tu danses avec les doigts dans la musique, ta jeunesse hagarde, égarée dans les ruelles, dans les taxis, tu as sur les côtes un gyrophare de voyage. Ecrire, pendu, mais t'écrire tout de même. J'admire la forme de ton regard, j'admire quand tu dessins les manies la position que prend ton corps. Même usé, même dégouté, même mort la forme de mes lèvres murmurera ton prénom, ton renom, ma toute puissance. Je t'aime. Le mot de sang qui continue à sillonner les tempes. Toujours. Encore. Comme les vies qui défilent, sous l'ombre de midi. C'est la voix de ton départ, quand tu diras tu aurais du, et moi qui répondrais, je n'avais pas la force, mes cordes vocales ne sont pas assez musclées pour trainer toute la grandeur du mot. Je suis ébloui par toi, tes yeux m'intimident. C'est la voix de la nuit, des vies qui s'en vont, et de toi restera le regret incendiant mon ravage. Tu seras mon rire, mes dents, mon ivoire précieux, je jouerai sur le piano de mon frère la note race des paniques. J'ai bu l'obsession dans tes yeux. Tu ne m'as jamais dit comme tu trouvais ce que j'écrivais, mes mots guindés, leurs cheveux d'accordéon. Tu ne m'as jamais dit. Je me lève péniblement quand je sais que tu n'es pas là. Je fais des crises agréables. Au bout d'un instant, j'ai des morceaux de toi qui me reviennent, qui te forment, qui t'assemblent, et tu es là toute entière, interdite, tu ne me vois pas, et le film de tes manières avance, avance, jusque dans le soir et les gobelets d'alcool, les urnes de la joie. Tu as une vigueur de prière. Mes gestes supplient les tiens, on dirait des gestes de croyants. J'abandonne facilement mes rêves, qui coulent comme une eau froide de douche sur ma nuque. Et je comprends, tout ce qui se passe dans ta nuit silencieuse, quand tu te lèves entre trois et cinq heures avant de te recoucher, quand tu tournes le mitigeur pour que l'eau soit chaude sur les vallons délicats de ta peau. Je sais l'eau qui rumine dans ton visage, l'eau timide qui évite ton regard, honteuse de n'être que du blême des remèdes. Tu as la rage dans les joues des rois élégants, et ma violence est trop lourde pour mon ventre. Quand ta douche a fini de couler, sur la céramique blanche, qui tressaille par endroits, se dressent des labradors transparents et des colliers de chmies. Tu les laisses dans ce panier de songes, et tu sèches tes cheveux longs qui roucoulent comme le jour. C'est beau un matin qui passe dans tes cheveux compliqués, c'est plus beau que la nuit qui se dépose sous mes yeux dans son baiser arrogant, mauve. Quand tu sors, et que nos vies s'évitent, j'ai toute la colère qui grimpe sur moi d'avoir les muscles ficelles, et m'étouffent le fond de la gorge. Mes cordes vocales sont étranglées par un poing serré. Un poing de révolte. Un poing d'angoisse. Un poing d'enfant. Je n'aime le théâtre que dans les salles qui s'y réservent, quand je sais en avance la pièce que je vais voir et pas l'ordinaire parodie qui se jouent dans les rues, et que les gens ordinaires jouent quelconquement. Il en est certain qui la jouent depuis si longtemps qu'ils croient que c'est la vie, sur leurs bureaux en formica, sur leurs écrans d'ordinateur où passent des courbes moins élégantes que celles que la mer fainéante te porte et te brode, petite D., ô charme indigène et tes yeux bleus d'inondation. J'ai dit adieu à Camille, Marie, Lucie, Hervelyne, Loriane, pour ne pas blasphémer ce mot que j'éduque pour toi, que je dresse et qui viendra racé lévrier déposer sa salive amoureuse à tes souliers inquiets. Je ne veux pas être le monstre ordinaire, celui qui change de forme pour figurer dans la nuit.
Parfois, quand je sais que tu me lis, D., par dessus mon épaule, je me sens suffoquer agréablement, la caresse érotique de l'amante furieuse. J'attends, ton silence, pour me mettre du bonheur. Ta lecture est vive, et je vis comme j'écris, beaucoup et violemment. Je finis chaque ligne avec le sentiment exalté qu'il en reste dix millions à vivre, dix millions d'odeurs à trouver dans ce que la pudeur me permet de saisir dans ton cou. D. D. D. et ton prénom se répète, et tourne, tourne sur le phonographe de mon fantasme. S'il fait trop de jour pour ton sommeil, prends à mon baiser, la paupière manquante, je t'offre des lèvres qui de t'avoir tant récitées peuvent devenir toutes les fonctions à tes douleurs, tous les baumes et les pardons à tes parjures.