monte en moi chant cruel
soleil du balbutiement où tout recommence

comme tout recommence

aux dents les ténèbres
l'innocence à la lèvre

libre

toujours le même chemin à la fin dans le bois à l'odeur de pluie et de mousse
aux chênes penchés aux feuilles gonflées de vent
le loup imaginaire dévorant les rêveurs
on entend se fendre dans la bouche le prénom ô routine d'amour
comme un geste le soir
une après-midi d'octobre 
les bourrasques d'automne balaient gaiement
enfin on dit enfin en marchant dans la nuit sordide
enfin on dit enfin vraiment enfin guettant le soleil entre les pattes des bêtes
dans le fond de la grotte
dans la terre humide et la rivière étroite
on marche libre léger
triste mais heureux
une vague en soi menace
crie un naufragé
soi-même ou bien le passé