01 février 2017

Ma nuit en Prison - Joseph K. pour une nuit

Joseph K. pour une nuit
ou Ma NUIT EN PRISON BORDEL DE MERDE

Cellule 262, Canne épée
Jeudi-vendredi
Chanson triste

Hier, 
tandis que j'allai mon chemin retrouver un foulard en soie pure
avec au bras toute l'élégance du monde
sculptée au pommeau de ma canne
une voiture de police surgit
le premier agent de police, portant un bouc
(ce qui est délit dans mon code pénal mental)
m'interroge sur ma canne
je l'avoue, oui, elle contient une épée non affutée 
Le bouc, sourit, s'exclame dans son langage incompréhensible
(langage de celui qui perd le langage
abrégé de la parole son expression à lui)
j'y discerne "comico" comme une direction et comme une sentence
(langage contracté "I'm don't" art d'élision
on en parlera à Maurice Scève)
la négociation, ce n'est pas possible, je n'ai pas appris
le langage des imbéciles
j'imagine, qu'on me fera la leçon
que je ne déchoirai pas davantage de mon titre de citoyen
(limite, flottaison)

C'était l'acte I, la situation initiale, la présentation des personnages principaux, mais la tragédie ni la nuit n'avaient commencé

Immobile sur un banc
routine idiote
tes empreintes
ta profession
pourquoi
comment
où est or ni car
dans mon livret de CM2
puis soudain 
la nouvelle marque d'infamie
à côté de ton identité à toi
identité joyeuse souvent (au désespoir d'Eric Zemmour)
identité de buveur dans les bars, d'amoureux, 
identité du vivant que je croyais être
mais soudain gardé à vue
réduit jusqu'à ce nom
là et la disposition
pénale de.

soudain toi, 
tu t'imagines
la police avec son doigt
grossier
son doigt même qui porte un bouc
te désignant, toi, 
tu rejoins une grande cohorte
de gens hirsutes mal coiffés
tu l'étais, c'est vrai, le peigne
tu ne t'en sers que pour rire
désormais, gardé à vue
en joug on dirait
Fusil des L-etc

le discours un peu moralisant
"c'est pas bien
les " quand même"
les "oh"
sympathie
(j'ai des chaussures bleues, 
un pantalon blanc
manquait la chemise rouge
j'étais la france, on ne met pas la france
aux arrets)
tantôt
mais tout de même
"monsieur vous êtes en garde à vue"
n'oublie pas
"je porte l'uniforme"
toi tu es "soupçonné d'avoir commis
ou de t'apprêter à commettre une infraction"
on est encore monsieur, malgré
la marque infamante
chance dans le malheur
les autres non
"tu
ta gueule
assieds toi
je m'en bats les steaks"
langage de policier rapporté
au mot près
(drôle de choses aussi la familiarité
presque complice entre les détenus habituels
ceux qui viennent "au poste" comme toi
citoyen ordinaire au supermarché
tu n'as pas honte, d'ailleurs ordinaire,
rends toi vivant
vole, aime un peu trop fort
pas ordinaire
tout sauf ce mot là
pire condamnation)

le rapport de police blablabla
"ça n'ira pas pisser loin"
blablablabla
je n'écoute plus il y a longtemps
les mots du machisme banal
les ambitions rétrécies
chant afghan dans la cellule d'à côté
très beau chant mélancolie
probablement
Du Bellay de là-bas
un peu de beauté
sous la couverture
à l'odeur d'urine

Acte 3 : Déféré

Le policier arrive, un autre, prolifèrent ici
mauvaise herbe trouve toujours chemin 
de sa profusion
combien en aurai-je vu
pour ce si peu pénal
pour cette trop grande grâce
ce mauvais goût, le droit
que c'était le bon goût du dandy
cet air professionnel de la beauté et du luxe
"monsieur vous êtes déféré, vous savez ce que ça veut dire ?"
(il le dit avec un air désolé, 
gardant son assurance
de policier
mais vacille de la bouche
je vois ça qui tremble
l'incompréhension de cette décision
à ce moment là nous la subissons 
ensemble
solidarité imprévue)
et je savais, mais je n'imaginais pas la suite, la suite pour moi
la normale, celle conséquence -juridiquement conséquence-de ce mot là
c'est être amené devant le procureur, éventuellement l'audience, le jugement
(oui pour ça, jugé, vous imaginez pour ça jugé
un juge dans son hermine son beau marteau
les coups pour ceci)
parce que ma canne épée entre temps subit mêmes avaries que moi-je-citoyen-etc
de canne épée sculptée elle devint ARME DISSIMULEE DE CATEGORIE D2
et lorsque l'on lit ça on craint immédiatement pour sa vie
à soi et celle de sa patrie
on veut l'objet et son détenteur dans une cage solide
on veut le garder plus loin que ça de soi de nous
il subvertit l'ordre public
louche une arme déjà
mais dissimulée
pire encore
dissimulée pour quoi
quelles attaques
ce malfrat là
et ce D2 enfin plus menaçant qu'une armée en déroute
déchéance commune
belle histoire d'amour
mêmes sommets ; mêmes abimes.

On te lit tes droits
en réalité on te les indique
sur un procès-verbal
et tu apprends le lisant
à combien tu renonças sans même
en entendre la mention ni les décliner
tu te dis à toi-même de plus en plus
ces droits là ce sont ceux qui te restent
tu as déchu, vraiment.

Et continue la chute, on n'imaginait pas dans son existence juridique tant de degrés
vers le bas
(Hadès, bonjour)
ou seulement degrés théoriques, aussi abstraits que l'infinité de l'Univers
mais soudain l'on descend les marches
on avance dans cette obscurité là, elle est pour soi, elle vous saisit
(ne reste que ça)
vous déclinez avec elle
les menottes, premières menottes
"c'est autant pour vous que pour nous, imaginez un geste brusque"
catéchisme de policier
bête comme tous les catéchismes
marque d'infamie, encore

ACTE 4 : LA CELLULE

Où l'on se rend compte, soudain, plus vivement encore que tantôt des micro-sanctions dissimulées tout le long de la chaîne pénale
cet enfermement que je vous raconterai plus inique que tout
Discipline du corps
discipline de l'esprit
(corps rendu malade
esprit fou
loin de la philosophie
de la Grèce
au secours la cigüe)
on te redresse, puni au cas où
puni préventivement
pour te garder de la bienveillance
du juge tout à l'heure si juge il y a haha
On dilate le temps, tout se fait dans une glue étirée lentement, à chaque requête d'abord il faut attendre
c'est toujours
"plus tard"
puissent-t-ils répondre immédiatement
qu'ils repoussent
(pourtant)
vous n'avez pas l'heure
jamais l'heure
privation sensorielle d'un genre inconnu
monde réduit à trois dimensions

Ce procureur qui me déférant ne pouvait ignorer qu'au vu de la tardivité je dormirai en cellule pour
cette chose dérisoire
Moi, condamné, par sa faute à lui
à un jour de prison
qui ne figurera jamais
en ce terme là
de taule, de prison, d'enfermement
dans un procès verbal
ni dans quelconque verbe officiel
pour mon état
imaginez le boucher achetant ses couteaux de boucher dans le magasin des couteaux de boucher et sur le chemin le policier à bouc le surprend, lui demande ce qu'il tient dans ses mains
"des couteaux de boucher pour couper la viande de boucher" il répond
"on va au comico"
et la même déchéance 
il perd sa profession pour gardé à vue-mis en cause-prévenu-la chute mais pas à pas
comme un plongeur 
ses paliers ;
moi je suis dandy professionnel, qu'y puis je au fond ? 
Cette condamnation
possible pour tous sur le caprice
d'un homme 
moins qu'un homme
un procureur
sa
mauvaise journée
où jalousie
jeune et vivant lui aussi se rêvait
la main parée de si bel objet
on l'informe il va répondre et avant
de décider
dans l'écran de l'ordinateur il voit son reflet
son ventre qui déborde
vengeance
le pouvoir vous savez...

///

Tu laisses tes affaires au guichet, 
un peu comme à la piscine mais surveillé par des policiers
la chance
on te conduit
cellule 262
2ème étage,
comme dans les hôtels on dirait
9m2 tout à toi J.
un matelas émincé
un metelas qui semble extrait d'un matelas principe
découpé en tranches ce matelas on en fait pour 4 détenus ; on rase pas gratis
3 cm le matelas, des toilettes à la turque la lumière qui ne s'éteint pas
jeudi c'est la fête
à paris
le week-end commence depuis longtemps
le jeudi
tout part
son lumière et tout le tralala
deephouse, cris la nuit de tes compagnons d'infortune
(comme dans les films :
celui qui proteste il ne sait plus pourquoi et tape des heures durant contre le plexi de sa cellule)
lutter contre le désespoir
lierre
ne pas fuir dans le sommeil
invente la beauté
récite les poèmes oubliés
au fond de ta mémoire
retrouve la beauté
Foucault, entre ici
(le panoptique changé
non pas point d'observation fixe
tout voir sans être vu
mais caméras disséminés dans les cellules
les coursives
et tableau où tout voir sans être vus
mais je t'imagine
avec ta vulgarité
derrière l'objectif
alors je te vois
mieux que tu ne me vois
je te vois dedans
et tu me vois dehors
bizarre le paradoxe
moi enfermé
toi libre)
Je pense au 
procureur la nuit
dans les bras de sa femme
de sa maitresse
le lit pour de vrai
la douche le matin et le petit déjeuner
jus d'orange frais, pressés
moi 9m2, de l'eau sur le visage à 8h30 (j'ai demandé)
mais la nuit pour ne pas sombrer dans le néant du sommeil
la nuit
inventer autour de son espace
des meubles de discours
des tapis de pensée
la table basse de la rime
la peinture imaginaire
et c'était mieux que le plus 
beau des musées
8h30
puis attendre
attendre encore
jusque 13h
que l'on vienne me tirer
de là
pour entendre l'incompréhension du délégué
du procureur
"tout le monde a assez perdu de temps dans cette histoire"
oui, par la bêtise double
on rencontre parfois la bêtise simple
un homme
interrompue par le suivant
dans la chaîne
mais ici
plus bête le second
le zèle
il en fit dans les temps de jadis
des bûchers cruels
bonjour
déchéance
je t'ai mordue fort ;
fruit amer
et acide
(pire complot des langues sensibles)
brûlure d'estomac
brûlure pour
les yeux
et l'institution froide et coupante
qui n'entend rien
il faudrait remplacer par des automates certains fonctionnaires de police
on se ferait moins d'espoir quant à leur éventuelle humanité
ou bien qu'ils nous le disent
en changeant les vêtements civils pour les vêtements professionnels qur
ils laissent 
sensibilité, intelligence
tout ça au vestiaire
(et les blagues entendues
les blagues la vulgarité
toute la laideur du monde
ici bien rangée 
à l'abri de tes yeux
toi qui crois encore
ne crois plus
comment disait il
mortel laisse ici toute espérance)

mais moi
cette nuit personne ne me la rendra
ni les livres que je n'ai pas lus
ni l'amour retenu
juste l'absurdité
ce texte trois fois rien
ma canne perdue
Joseph K. pour une nuit.

Posté par boudi à 23:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]


25 janvier 2017

Ton âme joue au cricket

[b][center]Et ton âme joue au cricket[/center][/b]


L'obscurité avançait à pas sûrs

Tout elle l'enveloppait

Mains persuadées de la force

à raboter encore un peu le jour

Equeutant le soleil

elle désherbe
la nuit
très professionnelle

 

nous

nous étions là

couchés dans l'herbe

sans un mot et la nuit

progressait

marée obscure

belle fabrique à noyés

sur nous la nuit

et

nous nous tenions là

amants contraints

par l'effroi

attendant

près des urnes

le sort maudit

qui nous était promis

part amère du fruit

non choisi

près de l'urne

à boire l'eau stagnante

tout s'effaçait dans le noir

complet

digestion-estomac

les rêves en miettes

plus rien à brûler

sinon toi bûcher

le monde qu'on enjambe

bizarre

pour faire un peu de jour

je me mis en marche

frottant la pierre non-visible

et tant pis moi-même incendie

presque

soleil de pacotille soi-même

on avait juré que tout brûle

le monde c'était

et quoi à peine

des cendres d'Atlas

j'étais en marche

j'allais

puis tu surgis

jeune homme aux cheveux blonds

phébus on dirait disait

l'autre toujours machinant

les idiotes comparaisons

qu'on oublie pas

le temps d'avant

l'université les lambris

il dira

Bientôt la nuit-cigue

comme il nous emmerde

pire que la nuit.

Et toi jeune homme de

tout faisant fi on

te discernait mal

avec tout ce khôl

au monde

(oeil malade

ce monde là

rond comme la mort)

tu balançais les bras

c'était à n'y pas croire

le vent frais dans l'herbe

sale

la nuit cornée

on allait se souvenir

le jour libre

la corde déliée

bonjour

oiseau du miracle

jeune homme aux cheveux blonds

tu rendais le goût de tout

le ciel sur la langue

flocon

et tous frères d'élection

entreprenant contre la nuit

chasser le vieux monde obscur

l'hémicycle que c'était devenu

l'univers

aux rides profondes

puis tu survins

jeune homme aux cheveux blonds

Emmanuel

Posté par boudi à 18:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

14 janvier 2017

Et tu disais que tout brûle

Et tu dis 'que tout brûle'

Le monde, les marées

TOUT

Toi alors

Toi vraiment

Toi conjonction 

Tu saisis imbécile

l'Atlas

Tous les pays

Tu mets le feu à ces vérités

de carton-pâte

le bel incendie ta chambre enfumée

Ta main tas de cendres.

Posté par boudi à 19:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]

20 décembre 2016

Sois fauve éconduit

Le monde qui me fut possible presque

c'était à condition de cette main là

cette bouche cette nuit la suivante

l'autre encore feu roulant des

visages 

ces mêmes

toujours changés

Prénom

Prénom'

Jusqu'à l'épuisement

alpha bêta

3,14etc

de toute la grèce antique

l'épuisement de Socrate

résigné

main tremblante

qui n'écrivit rien

Mais les visages ne vinrent pas

foule herbes folles sauvages

les visages qui étaient

du désert les sources

engloutis si tôt vus

j'étais l'altéré

cet appétit de bête

inutile 

ces dents

ces mains inutiles

cet être de carnage

qu'on est

qu'on porte

qu'on doit être

sinon

pourquoi les dents

pourquoi les ongles

sinon pourquoi

l'oeil qui désire

et le pied qui foule

redresse toi

brosse toi

sois

fauve

éconduit 

par la proie

 

 

Posté par boudi à 12:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Le crachat le baiser

Je sais que je sonne

 

Comme un fou somnambule 

 

Arraché à sa rêverie

 

La robe de chambre

 

Balançant 

 

5 heures du matin  

 

Au milieu de la rue devant le rideau métallique, la conscience/

 

On croirait même que tout je l'érige en volcan flambant 

 

Roche fusion métamorphose des pierres chaudes etc

 

(Ce n'est pas le cas) 

 

 

Je réserve ma part d'amour aux gens qui me sont chers 

 

Pour le christ à la bouche tordue 

 

Deux mille ans sur une croix 

 

Ce n'est pas de l'amour 

 

Cet amour

 

Barbelé(avec son brevet d'aptitude il dit la bouche déformée par le cri ET son Pere qui l'abandonne encore)

 

Lui qui aimait l'amour et le croyait voir en tous. 

 

Et moi qui 

 

n'aime pas les crucifixions 

 

(Les clous d'il y a deux mille ans tu imagines le tétanos)

 

je dis que l'amour se mérite 

 

Avec son Golgotha sa pierre dure ses mains jointes 

 

Mon amour est trop précieux 

 

Si je perds tout il demeure 

 

Intact vivant 

 

Si j'obtiens tout il

 

Est la seule chose pure

 

Alors 

 

J'ai vraiment aimé parler avec toi la dernière fois 

 

Au café dans le bar tu t'es éveillée

 

-non ce n'est pas juste- /je t'ai vue une sensibilité invraisemblable. Un regard sur les choses que je ne te connaissais pas. 

 

Soudain tu étais 

 

Fut ce une heure 

 

Les paupières brisées par la fatigue 

 

Une meme 

 

De ma race 

 

(On sepuiserait en vain A en établir la couleur des cheveux ou la forme des yeux 

 

La ressemblance se fait au dedans)

 

Tu naissais dans mon monde à moi. 

 

Il ne faut pas entendre mal ce que je dis 

 

Je dis si mal 

 

Dans des phrases déformées 

 

Par les coups de marteau 

 

Par les mains rêches

 

Habituées à broyer 

 

Des mains qui ne sont pas les miennes qui ignorent la PITIE  

 

Je ne dis pas

 

Ici l'herbe plus verte 

 

Ni les hommes moins morts

 

Je dis : VOILA ce que je suis

 

Si je passe devant le miroir qui renvoie l'image coincée au dedans

 

VOILA mon reflet 

 

Alors tu devenais mon amie 

 

Ou je te reconnaissais en tout. 

 

Ou tu étais digne de ma confiance 

 

Plus que celle des passions tonitruantes plus que celle des sentiments presque comme les vrais 

 

Dans le petit cercle des amis si étroit

 

On n'y respire pas 

 

Bizarre baptême 

 

Inchoisi je te plonge malgré toi dans ces eaux la.

 

Mais l'amour qui ne serait que

 

Joie pure

 

Transparence 

 

Ce ne serait pas de l'amour

 

Ou sur le chemin de croix

 

La première pierre 

 

The first stroke

 

Le crachat le baiser 

 

je m'inquiète pour toi

Posté par boudi à 12:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]


28 novembre 2016

A la fin de l'envoi, je touche

à la fin de l'envoi, je touche

toute la journée tu n'as rien entendu
on eut beau te répéter dix fois les mêmes
recommandations tu gardais cet air indécis 
le même qu'aux jours d'insomnie mais
cette nuit tu avais dormi les huit heures
réglementaires la première bonne nuit
depuis six ans
pris ton petit-déjeuner une banane très blanche
une tasse de Chaï 
tu ouvres le journal en sautant
la double-page des sports
tu ne t'étouffes pas en lisant
les nouvelles
la tasse vidée d'un coup
tu cherches une cigarette

un matin comme il faut

pourtant
tu n'as rien entendu de toute la journée
comme un lendemain d'insomnie
tout vague bourdonnant
comme hanté

tu arrives sur le pitch
tu ne sais trop comment
le corps se rappelle tu te dis à toi même
et tout de suite tu rectifies tu te souviens
tu as laissé cette séparation corps/esprit
il y a longtemps
mais le corps pourtant qui s'obstine à
se souvenir

toi

tu te souviens 
ton premier gant 
le cuir serré sur ta
paume trop large
tu te souviens
la balle-métamorphose
ronde-courbe
Morte
à tes pieds un jour de partie perdue
lendemain du premier-deuxième amour
tu ne sais déjà plus distinguer
c'est fou le temps qui passe
le contrat pro
toi sur ta butte, le cinéma de plein-air
le pop-corn tu ne sais plus ni le coca-cola
la bière une kingfisher blue
ça tu es sûr
tu ne comprends pas pourquoi
cette bière là ce jour là
ce n'était pas la première bière
ni la meilleure
la fille tu ne te souviens pas
le film pareil
mais la bière 
la KINGFISHER BLUE
flotte, majuscules, en toi



tu essuies ton front
combien d'heures déjà
tu regardes le tableau des scores
neuf éliminés 
encore un 
tu le penses sans penser
c'est
ta main 
la même main
jadis...
auparavant
tu préfères auparavant
ce n'est pas si loin qu'il faille
employer les mots des choses révolues

ton équipe de quartier 
tu n'étais pas le plus fort ni le plus mauvais
tu te souviens d'Anish et d'Almar
Mitra, Manjit...les autres
que sont mes amis devenus
Ils vont par paire, tous jumeaux
dans la mémoire

le square c'était un temps de terrain vague
Raji le changeait :
Stade Olympique, Eden Garden
Ca aussi tu ne sais pourquoi tu te souviens
Raji
quel con tu penses
la bande
Mahendra, Singh, Doni
les cons

la nuit tombe
ta passion
ton métier
belle chute


et ta balle concrète vers la cible réelle
à la fin de l'envoi, je touche

Posté par boudi à 23:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 décembre 2015

LES VIVANTS

Nous allions vivre

nous disions chacun

je vais vivre

et mon alphabet moi ne débute pas

au A

il débute plus loin et en même temps

plus tôt c'est J, M

Je, Moi

ces choses par quoi mon corps

il y a des corps de matière on dit

de matière de chair de muscles

nerfs os et toute une aritmhétique bizarre 

de concepts pratiques

moi

je suis théorique

j'existe à travers le verbe

dans une sorte de

transparence

qui ne se fait pas chair

ce n'est pas le verbe 

biblique 

d'où l'homme un jour tomba

(l'ascendant de l'homme

c'est le verbe

le hoquet de dieu)

c'est la parole

tremblante de la lèvre tremblante plus encore

une première fois

mais on va rejoindre les vivants je dis

on va retrouver les vivants là ils ne diront pas bienvenue

non pas bienvenue

mais bonjour

bonjour comme si toujours j'avais été vivant

comme si toujours j'avais eu un visage de vivant

et mes yeux peut-être

peut-être une hypothèse

un espoir 

donneront de la lumière

les yeux qui ne savaient pas voir

les yeux crevés

les yeux blessés

toujours blessés

d'ombre et de peur

il y avait en moi 

des siècles en moi cette petite sphère

douloureuse

 changeante

non pas de volume

seulement de densité

toujours la même taille 

mais plus lourde

de plus en plus lourde

et plus chaude

naît n'importe où qu'importe

la jungle la ville 

son lieu d'origine

n'importe où c'était n'importe où

roule en enfer

et chauffe brûle brûle

la lèvre, un cri se forme

c'est une plainte je suis cette plainte

les vivants 

pitié j'arrive je me débarasse

je crache et je suis vivant je crache mais attendez

non trop loin les vivants trop loin

 

Posté par boudi à 05:39 - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 septembre 2015

BERLINALEXANDERPLATZ

dans le soir profond

quel nom récité demande la bouche

parjure 

et les histoires les mêmes

toujours l’accent allemand

des formules magiques 

BerlinAlexanderPlatz 

gémissant d’éclairs

BerlinAlexanderPlatz 

tu te souviens ce temps

des vacarmes et des baisers

lents à se faire 

au poème tu souris

tu souris visage de morte

aux traits tirés

morte tout à l’heure

en enfer à la fin de tout

dans le néant des songes 

se délasse 

en ton visage de morte 

ta lèvre surprise tu ne savais pas

ta mort

stupeur ton oeil comme si

pour mourir.

tu avais du voir la mort en face

La mort je ne sais pas tes lèvres 

mais la morte je sais 

l’innocence tachée un peu

c’est du vin renversé la

maladresse ce geste qu’on

accidentel en mourant 

et la peau comme 

de l'osier percé

les cheveux usés

à peine vieux vêtement

ta tête

visage de morte

 

 

 

Posté par boudi à 21:05 - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 juin 2015

POEME PATRIOTIQUE

Je veux manger des pommes-frites
avec de la sauce tomate liquide 
Un jour on me servait c'était
en l'an d'il y a deux jours
Une sauce tomate
et ses morceaux


J'avais commandé en vers et sûrement me comprenait-on de travers à cause de la forme bizarre qu'ont les vers et cette façon de prendre une place au milieu d'une page comme si c'était ton père qui payait le papier. Maintenant je fais des précisions en prose pour être sûr d'être compris comme une femme belle. On comprend toujours des choses très profondes des gorges des femmes et n'ayez pas l'esprit mal tourné je fais de la prose c'est sérieux comme un vittel-menthe à une terrasse de café.

Mais il manque au drapeau encore le blanc le rouge et les armes royales :

On visitera nouveau-chateau 
et ses vieux manoirs
incendiées du vent
d'Est.

Strasbourg ça sent la tarte flambée
il y a un château d'eau pour
le contraste poétique
je crois que c'est
rue du Roi-
Espérant.

C'est un poème infirme un sale bâtard écrit sur un ordinateur américain
et qui ne sait pas tuer le père mais je pisse sur la tombe de Freud
ça soulage je vous jure quand on a envie de pisser après
trois bières et une pute françaises
A Vincennes il y a des filles de 
joie qui ont leur papier et 
des capotes neuves.


J'aime bien le français engendreur d'élision parce que
c'est fabriquer du rien à partir de quelque chose comme
un peu la vie c'est très métaphorique je crois et peut-être
en fera-t-on une religion avec des dieux des symboles et après
un poète viendra il aura les yeux bleus et les mains abimées surtout
de les avoir frottées entre elles très fort pour faire du feu jamais
ne surgit la moindre image de ce mouvement répété comme
s'il était un de ces poètes qui traînent leur mal dans
une lassitude ordinaire imaginant toujours
qu'un je ne sais quoi à eux seuls
achèverait mon poème

Lui voulait avec des mots inutiles tracer la rose espérance la rose d'amour la rose toujours la rose et le lys délaissé ici partout fleurit
une jungle de lys dans l'herbe bleublancrouge.Je veux manger des pommes-frites
avec de la sauce tomate liquide 
Un jour on me servait c'était
en l'an d'il y a deux jours
Une sauce tomate
avec morceaux


J'avais commandé en vers et sûrement me comprenait-on de travers à cause de la forme bizarre qu'ont les vers et cette façon de prendre une place au milieu d'une page comme si c'était ton père qui payait le papier. Maintenant je fais des précisions en prose pour être sûr d'être compris comme une femme belle. On comprend toujours des choses très profondes des gorges des femmes et n'ayez pas l'esprit mal tourné je fais de la prose c'est sérieux comme un vittel-menthe à une terrasse de café.

Mais il manque au drapeau encore le blanc le rouge et les armes royales :

On visitera nouveau-chateau 
et ses vieux manoirs
incendiées du vent
d'Est.

Strasbourg ça sent la tarte flambée
il y a un château d'eau pour
le contraste poétique
je crois que c'est
rue du Roi-
Espérant.

C'est un poème infirme un sale bâtard écrit sur un ordinateur américain
et qui ne sait pas tuer le père mais je pisse sur la tombe de Freud
ça soulage je vous jure quand on a envie de pisser après
trois bières et une pute françaises
A Vincennes il y a des filles de 
joie qui ont leur papier et 
des capotes neuves.


J'aime bien le français engendreur d'élision parce que
c'est fabriquer du rien à partir de quelque chose comme
un peu la vie c'est très métaphorique je crois et peut-être
en fera-t-on une religion avec des dieux des symboles et après
un poète viendra il aura les yeux bleus et les mains abimées surtout
de les avoir frottées entre elles très fort pour faire du feu jamais
ne surgit la moindre image de ce mouvement répété comme
s'il était un de ces poètes qui traînent leur mal dans
une lassitude ordinaire imaginant toujours
qu'un je ne sais quoi à eux seuls
achèverait mon poème

Lui voulait avec des mots inutiles tracer la rose espérance la rose d'amour la rose toujours la rose et le lys délaissé ici partout fleurit
une jungle de lys dans l'herbe bleublancrouge.

Posté par boudi à 19:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]

27 février 2015

Tu dis droite et c'est bleu

Personalité saccagée dans mon présent
Je
Défiguré au dedans 
Soleil d'épilepsie pas lumiere fumante 

contrefaçon.

Et finalement qu'aurai je vécu deux mois et demi de jeunesse dans toute ma vie 
Toujours nié, moi
Cette vie presque toute ma vie
Une éclipse un 29 février voila toute ma vie 
Dix grammes d'ombre dans un jour de miracle
Toute ma vie ce tard éparpillé
 intact a veiller le secret inutile 
toute sa force giclée le tremblement peureux
Quatorze secondes sept millièmes d exister 
Depuis qu'on a douze ans et demi le précipice bêché siècle par siècle

Toute sa vie...a tous les embranchements prendre l'erreur 
Dire gauche et c'était droite 
Bleu-roi et c'était l'autre bleu
Sa vie menée morte de plus en plus morte morte jusqu'à la mort du mot de mort morte de sa mort mourait en mourant 
Dépouille agitée Remugle des rêves dedans pas longtemps presque des rêves fibreux électrostatiques 
Les rêves-cauchemar partout a l'endroit des nerfs la mutation poétique l'ADN changée pile pour invoquer les formes mécaniques d'obscurité 
Comme on a souffert on dirait ? 
Dans cette vie atténuée 
Transparente presque on a erré fantôme antérieur on a joué l'homme sans rire et personne a l'audience 
Toute la vie son procès et l'on se trompe de salle
Toujours on nous montrait la tombe le rien 
Rentre chez toi ou ca nulle part. 
D'accord 
Alors nulle part c'est joli comme rien 
On dirait le vide de ma tête 
Mal ? Pas mal 
Pas là 
Toujours cette absence et serre le corps mords saigne sens expire chie pleure
Liquide matière toi je toi je 
transparence plastique du moi 
Pas vivant jamais presque vivant 
Deux moi et demi dans la nuit le rire les verres
Encore encore on a soif soif de toute sa vie a ce comptoir 
Vide le verre vide 
Le jour le jour arrive au secours non une goutte encore la vie
Douze ans et demi depuis 
Enfant presque mort un deux trois poils 
Mon visage alors 
Parole expirée 
Odeur de craie grinçante 
Je 
Toujours le semblant prétendre ce rire ce rire mais on se cache à l'intérieur 
Qui
Qui sors du rire
Toi etranger 
Sors sors sors
Je dis sors du rire
Je vais je vais 
La peur le non etre
Chaque fois si je ris
En moi la mort étend son vacarme 
Haha 
Pas de la mort sur le chemin de moi 
Haha dépasse borne des yeux 
Haha francjit 
Cheveux dents langues péages atteint
Haha marche mort marche à l'intérieur sinueux décombres d'images
Dis mort route périphérique suis le sillon ca tourne tourne tourne comme la nausée 
Mal 
Mal
De l'absence de moi
Toute cette farce 
Toujours nié trompeur trompant 
Comme si j'étais un homme 
Un homme je palpe deux bras deux jambes deux yeux
Dedans 
Rien 
Les murs blancs 
Au secours on a oublié le dedans au secours revenez revenez revenez dieu diable deux jambes deux yeux mais
Homme ?
Pas je dedans rien 
Rien desert
assoiffée la chose intérieure assoiffée 
Faites crever des nuages n'importe lesquels
Nuages dessins en hic en loques
Nuages de tous les préfixes des terminaisons avortées 
Chassées
Nuages ancestraux diluviens nuages de demain de jamais nuage nuage
Pour la chose assoiffée au dedans morte de ne pas mourir nuages démodées nuages
Vivre comme c'est Mystère 
Pays hors moi du moi de l'autre côté de moi 
Vivre barbelé 
Étends bras jambes yeux poils sexe 
LAMBEAUX
Étends étends nez souffle chant cri plainte 
LAMBEAUX
Étends peur ongles terreur 
LAMBEAUX
LAMBES 
Tout 
EAUX
Étends et
Dans le fossé 
L AN
BEAU
Vivant jamais pour rire incapable à vivre DÉGAGE tricheur tricheur on a vu ton truc 
COMME
Tu fermes mal l œil 
Tricheur 
Avance 
Avance je te dis 
Personne pour avancer. 

Posté par boudi à 04:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]